Numéro 2026_14

Prévention, pharmacies et grandes surfaces. Payer moins cher pourrait nous coûter très cher !

Partout dans le monde, les Autorités de santé sont confrontées à un problème financier : la qualité et l’efficacité des soins progressent de façon extraordinaire, mais leur coût devient si élevé qu’il est devenu indispensable de réduire le nombre des malades chroniques à soigner en développant rapidement et massivement la prévention.

En France, la politique de santé très hospitalocentriste a pénalisé les médecins de premier recours, aboutissant aujourd’hui à une pénurie
de médecins généralistes et de plusieurs autres médecins spécialistes.

Pour développer la prévention, les pouvoirs publics espèrent pouvoir s’appuyer sur les infirmières libérales et le réseau des pharmacies.
Excellente idée, à condition que les pharmacies résistent à une double menace financière :
- Pour combler le « trou de la Sécu », l’Etat a imposé aux firmes pharmaceutiques des prix particulièrement bas. Nous payons nos médicaments « vraiment pas cher » et la marge commerciale accordée aux pharmaciens est devenue très faible. Pour survivre, les pharmacies ont dû développer les ventes de la parapharmacie.
Trop fragiles, les petites pharmacies ont disparu ou vont disparaître.
- Pour se développer, les hypermarchés ont besoin d’attirer les acheteurs dans leurs zones commerciales. Pour y parvenir, ils proposent des produits parapharmaceutiques moins chers, étouffant ainsi les pharmacies de proximité. Or, en zone rurale, quand la pharmacie disparaît, tous les commerces locaux ferment dans les deux années qui suivent.

Actuellement, les pouvoirs publics français ébauchent une stratégie sanitaire et financière basée sur la création de nouvelles missions de prévention effectuées dans les pharmacies et indemnisées à un niveau de prix suffisant pour aider les pharmaciens à améliorer leur rentabilité sans abandonner leur raison d’être, la santé publique. La vaccination en pharmacie a d’ailleurs démontré la faisabilité et l’efficacité de cette stratégie. Si elle échoue, nous perdrons les pharmacies de proximité, la sécurité du médicament, l’accès à la prévention et aux soins de qualité pour tous, les commerces de centre-ville et, en zone rurale, les commerces de « centre-bourg ».


Source : Open Rome
Un clic vers l’Assurance-Maladie: https://www.ameli.fr/paris/pharmacien/sante-prevention

Pharmacie

Etablissement faisant commerce de médicaments, de vaccins, de matériel médical et de « parapharmacie » en toute sécurité.

Les pharmacies sont régies par un document de 804 pages comportant plus de 10 000 articles, le Code de la Santé publique. Elles sont dirigées par des docteurs en pharmacie, souvent à la tête d’une équipe officinale composée de professionnels de santé, sous contrôle du Ministère de la santé.

Les pharmacies maillent le territoire, avec des horaires d’ouverture étendus et des systèmes de garde permettant un accès quasi-permanent à un professionnel de santé hautement qualifié.
Ce réseau est la meilleure protection du pays contre les contrefaçons de médicaments, les arnaques sanitaires et la diffusion de produits toxiques soi-disant médicaux.

L’enjeu actuel est d’en faire aussi le pivot de la prévention.

Source : Open Rome

Aimez-vous ce numéro ?

1 personnes aiment ce numéro !